Le jour se lève et moi aussi
Sois comme une prune, celle d’été
Qui se jouit de la caresse des plumes.
Si douce, elles sont, que tu seras si accueillant,
Poignardé par les becs passionnés.
Une graine de troubadour est semée
Dans le cloitre de tes ancêtres.
Enfant du fantôme, sifflement d’histoire,
La nuit, quand tu te poses l’oreille
Sur une couche de duvet, guette-le :
Chut, chut ! Trik-e-trak !
Touche la corde, vagues du lac.
Glisse, glisse sur le chant !
Chœur de cœurs, mon enfant.
Vois-tu le pépin qui creuse dans la vase ?
L’hymne de la lune excite l’eau
Qui donne des baisers au rivage.
Et quand elle se fatigue, le soleil revient
Pour réchauffer le petit lit.
Le froid matinal est coupant comme la vie qui perce
De l’intérieur de la graine qui la protège.
Sois comme une prune, celle d’une main
Qui t’amènera aux dents déchirantes.
N’aie pas peur de la mort
Que tu touches quand tu dors.
Avec elle tu rêves et te lèves
À force de notre douleur.